Samir Nasri ne sera pas à Budapest demain pour la finale de Ligue des Champions entre le PSG et Arsenal (18h). Ancien Marseillais et ancien Gunner ma...
C’est une finale de Ligue des Champions qui s'annonçait déjà volcanique, mais le thermomètre vient de grimper d'un cran bien loin du rectangle vert. À vingt-quatre heures du choc tant attendu à Budapest entre le Paris Saint-Germain et Arsenal, une ombre s’invite au tableau : celle de Samir Nasri. L'ancien international français a officiellement annoncé qu'il ne ferait pas le déplacement en Hongrie. En cause ? Une vague d'insultes abjectes ciblant sa mère, proférées par une frange de supporters parisiens sur les réseaux sociaux. Un forfait symbolique qui en dit long sur la toxicité qui escorte parfois ces sommets européens.
Le cœur olympien et les fantômes de Londres
Pour comprendre la virulence de ce harcèlement, il faut plonger dans l'ADN footballistique de Samir Nasri. Le natif de la Gavotte-Peyret est avant tout le « Minot » de Marseille, pur produit de l'OM et éternel rival du PSG. Pour les ultras parisiens, son visage incarne l'ennemi historique. Mais le paradoxe Nasri ne s'arrête pas là. Face au PSG se dresse Arsenal, un club où le virtuose a éclaboussé l'Europe de sa classe sous la houlette d'Arsène Wenger (2008-2011), participant aux heures de gloire du "Wengerball". Un amour qui s'est pourtant transformé en désamour éternel après son transfert ultra-médiatisé vers le richissime Manchester City. Honni à Paris, boudé par une partie du public des Gunners qui ne lui a jamais pardonné son départ, Nasri se retrouve coincé dans un no man's land affectif, victime collatérale d'une double rancœur tenace.
Budapest, le théâtre d'un choc des civilisations tactiques
Privée de l'expertise de l'ancien meneur de jeu sur le plateau des diffuseurs, cette finale à la Puskás Aréna n'en demeure pas moins un chef-d’œuvre tactique annoncé. D'un côté, le PSG et sa quête obsessionnelle de la coupe aux grandes oreilles, portée par un projet qui cherche enfin sa consécration européenne. De l'autre, l'Arsenal de Mikel Arteta, digne héritier de la rigueur tactique de Pep Guardiola, qui a su redonner aux Gunners une assise défensive de fer et une animation offensive étincelante guidée par Martin Ødegaard. C'est l'opposition de deux mondes : la verticalité foudroyante des transitions parisiennes contre la structure et le pressing asphyxiant des Londoniens.
En choisissant de rester chez lui, Samir Nasri pose un acte fort et rappelle que la frontière entre la passion et la haine reste désespérément poreuse. Demain, à 18h, le football reprendra ses droits et Budapest couronnera un roi. Mais le rendez-vous aura, malgré lui, un goût d'inachevé.