Noté 4 sur 5 par les services de la DNLH, le match retour de barrage entre Nice et Saint-Etienne se déroulera à huis clos. En raison d'un arrêté ...

Le football français marche sur la tête, et cette fois, la mesure dépasse l'entendement. Alors que l’Allianz Riviera s'apprêtait à vibrer pour ce barrage retour crucial entre l’OGC Nice et l’AS Saint-Étienne, la Division Nationale de Lutte contre le Hooliganisme (DNLH) a tranché : la rencontre est classée au niveau 4 sur 5 sur l'échelle des risques. Sentence immédiate : un huis clos total et, comble de l’absurde, un arrêté préfectoral interdisant aux supporters niçois d’approcher... leur propre centre d’entraînement. Une décision sécuritaire drastique qui transforme ce sommet de notre football en un triste huis clos digne de la période Covid.



L'absurdité sécuritaire poussée à son paroxysme


On connaissait les interdictions de déplacement, devenues la solution de facilité d'un football français incapable de gérer ses tribunes. Mais priver les supporters du Gym de soutenir leurs joueurs devant le complexe d'entraînement de la Plaine du Var, à la veille d'un match capital, relève d'une paranoïa administrative déroutante. Ce blocus territorial au sein même de la cité azuréenne témoigne d'une rupture définitive entre les autorités et le public. Les ultras de la Populaire Sud, réputés pour leur ferveur indéfectible, se retrouvent ainsi confinés chez eux, privés du droit d'insuffler cette grinta indispensable au groupe niçois au moment le plus chaud de la saison.



Un classique historique vidé de son âme


Pourtant, cette affiche respire l'histoire et le parfum des grands soirs. Les duels entre Nice et Saint-Étienne ont écrit les plus belles pages du championnat de France, des joutes épiques des années 1970 aux affrontements tactiques modernes. Sur la pelouse, l'opposition s'annonçait pourtant passionnante : d'un côté, la rigueur défensive des Aiglons, portés par le leadership inoxydable de Dante ; de l'autre, la transition rapide et l'audace des Verts, portés par un élan populaire extraordinaire. En privant ce choc de ses deux poumons — la ferveur niçoise et le peuple vert —, les instances offrent un spectacle aseptisé, une coquille vide où les cris des entraîneurs résonneront lamentablement dans un stade de 35 000 places désert.



Quel football voulons-nous sauver ?


Cette énième décision radicale pose une question de fond : quel football voulons-nous léguer aux générations futures ? À force de traiter chaque match à enjeu comme une opération militaire, les instances tuent l'essence même de ce sport. Le football est un spectacle populaire, une communion de passions, pas un produit de laboratoire destiné aux écrans de télévision. Ce dimanche, les joueurs devront puiser leur motivation dans le néant d'une arène silencieuse. Nice et Saint-Étienne méritaient un écrin de feu à la hauteur de leur standing historique, pas la froideur d'un huis clos imposé. Le coup d'envoi sera donné, mais la fête, elle, est déjà gâchée.