Rocco Commisso, président et propriétaire de la Fiorentina, est décédé à l’âge de 76 ans après une longue période de soins, a annoncé le c...
Le ciel de Florence est à nouveau lourd. D’un poids que l’histoire récente du football italien connaît bien, celui d’une fatalité qui semble coller à la tunique Viola. Ce samedi 17 janvier 2026, la Fiorentina a annoncé la disparition de son président et propriétaire, Rocco Commisso, à l’âge de 76 ans. L’homme qui était venu des États-Unis pour briser la malédiction toscane est parti en laissant derrière lui un vide abyssal et, surtout, une promesse non tenue : celle de ramener un trophée majeur dans la cité du Lys. Sa mort, après une période de soins, ne fait qu’épaissir le voile de tristesse qui plane éternellement sur le Stadio Artemio Franchi.
Rocco Ier : Le Sauveur au Cœur Rugueux
Arrivé en 2019, Rocco Commisso n’était pas un oligarque classique. Patron de Mediacom (télécommunications) et affichant une fortune considérable, il débarque avec l’aura du self-made man passionné, prêt à injecter des capitaux là où les précédents propriétaires, les frères Della Valle, avaient laissé le club stagner. Il était « Rocco Ier », le président qui parlait avec le cœur, mais souvent avec le poing sur la table.
Son ambition était claire : doter la Fiorentina d’infrastructures dignes de ce nom (notamment le tout nouveau centre d’entraînement, le Viola Park) et rivaliser avec le Nord. Son impact fut immédiat, bien que controversé. Entre ses invectives contre les arbitres et la Ligue, et ses investissements massifs sur le marché des transferts, il a ramené la Fio au premier plan, culminant avec deux finales disputées en 2023 (Coppa Italia et, surtout, la finale de la Conference League perdue face à West Ham).
L’Ombre de la Malédiction Viola
Mais la Fiorentina est un club qui porte une croix trop lourde. L’ère Commisso, malgré les efforts et les millions déversés, n’a jamais pu échapper à l’ombre des tragédies récentes. Comment ne pas repenser à la mort brutale du capitaine Davide Astori en 2018, un traumatisme dont le club ne s’est jamais totalement remis ? Commisso a hérité de cette âme blessée, et il s’est battu pour lui redonner fierté, nommant notamment l’entraîneur Vincenzo Italiano, artisan d’un jeu d’attaque léché et intense, typique du panache que le président réclamait.
Pourtant, le destin a été cruel. Rocco Commisso s’en va sans avoir goûté au sacre. Ses rêves de Scudetto étaient lointains, mais le club semblait enfin prêt à franchir le palier européen. Aujourd’hui, l’héritage est double : des fondations solides et une instabilité au sommet. L’histoire de la Fiorentina est décidément celle d’une beauté sublime et d’une douleur constante, rappelant qu’à Florence, la gloire est toujours payée au prix fort.
L’Italie du football pleure un dirigeant passionné et sincère. La Curva Fiesole pleure l’homme qui, malgré ses défauts, a cru en eux jusqu’au dernier souffle. Reste à savoir qui prendra les rênes pour empêcher ce deuil de se transformer en un nouveau naufrage sportif. Ciao, Presidente.